NOVEMBER


26. Noel Gallagher - Islington Union Chapel

DECEMBER

04. Dirty Pretty Things - Carling Brixton Academy
09. Christmas Party

JANUARY


04. The Nutcracker - Royal Opera House
08. Carmen - Royal Opera House

FEBRUARY

20. Swan Lake - Royal Opera House


Dimanche 5 novembre 2006
Prologue
You can't give me the dreams that are mine anyway

Jeudi midi, je raconte ma soirée à mes collègues tout en jetant un coup d'oeil sur le net. Je pense au concert de charité de ce soir... Kasabian et Noel Gallagher... Je jette un coup d'oeil sur Gumtree, à la rubrique tickets... On sait jamais... Le prix de départ était £55, sur ebay, les enchères montent à £200. Après tout, ce n'est jamais que la moitié de ce que j'ai économisé le mois dernier! Je regarde les annonces postées aujourd'hui... Un mec vend des places à £70 "seulement"... A ce prix-là, elles sont surement déjà parties depuis longtemps... Mais je sais que si je ne réponds pas, j'aurai comme un regret... SMS : "do you still have one tix for tonight?" La réponse ne se fait pas attendre. En trois lettres : "yes"...

Acte I
Please don't put your life in the hand of a rock 'n roll band who'll throw it all away

Je descend en vitesse acheter un voucher pour recharger mon téléphone, j'essaie d'appeler le gars mais il ne répond pas. J'envoie un sms, il ne répond toujours pas. J'en envoie un deuxième, il me dit de l'appeler quand j'arrive à la salle en soirée. J'envoie un autre message pour lui préciser où je bosse et vers quelle heure je pense arriver "keep it keep it I'm taking it for sure" mais je n'y crois pas trop, je suppose qu'il souhaite arriver avant et essayer de revendre au premier qui arrive. Je l'appelle en sortant du boulot, mais je tombe sur sa messagerie, il doit être dans le Tube, donc il n'est pas encore à Camden, donc il n'a pas encore revendu la place. Je chope le métro, je n'ai que deux stations avant le changement puis encore deux stations et j'y suis... Evidemment dès la première station, le train s'arrête pour une durée indéterminée... J'appelle le gars en panique, il me dit qu'il m'attend, pas de problème. je prends un bus jusqu'à Kings cross, je descends, j'hésite, bus ou métro, quel est le chemin le plus rapide? A défaut d'une réponse, ce sera métro, celui que je connais le mieux... Je sors de la station, je rappelle le gars, j'arrive à la salle. Hop, £70 en moins, un ticket en plus. Dans la queue, je vérifie que mon ticket est ok, qu'il n'en manque pas un bout, qu'il ne faut pas d'email de confirmation ni rien, tout à l'air en ordre... Dans quelques heures,  Noel est à moi...

Acte II
I waited for a thousand years for you to come and blow me out my mind


L'attente commence, il fait froid, je suis un peu inquiète car je commence à avoir faim. Je viens d'avaler une pomme, et la queue commence à s'allonger derrière moi, pas envie de perdre ma place, on va faire ça l'estomac vide. Les portes s'ouvrent vers 19:15, passage aux toilettes et installation dans la petite salle (capacité 1500 personnes). Je me colle à la barrière du second balcon, en bas la fosse est peu remplie, peut être une chance d'être à quelques mètres de la scène? Je me rappelle que même si aujourd'hui je mesure 1m64 grâce à mes talons, je risque de ne rien voir, j'ai déjà failli mourir piétinée à l'Olympia et m'évanouir au Zénith de Paris, et je n'ai rien dans le ventre, ça risque d'être encore pire... D'où je suis, j'ai une vue imprenable alors je reste. La salle se remplit, une heure d'attente égayée par l'arrivée de Gallagher junior (et du bassiste Andy) au balcon VIP. C'est l'émeute en bas, ça hurle, Liam fait son Liam, salue la foule, bière à la main, en bas, certains font semblant de se prosterner devant lui, les appareils photos sont de sortis, ça flashe de partout...
Les lumières finissent par s'éteindre, et l'hôte de la soirée, présentateur TV au look improbable, ancien junkie organisant cette soirée pour aider les drogués à s'en sortir, Russell Brand fait son entrée et annonce le programme de la soirée : The Holloways, Dirty Pretty Things (plus de Kasabian pour cause de larhingite du guitariste) et Noel Gallagher qui récolte tous les applaudissements. Clairement, personne n'est venu pour les Holloways et DPT...
Les Holloways commence leur set au moment où Liam s'amuse à jeter des gobelets en plastique vides sur la foule. En gros, les pauvres jouent pendant une trentaine de minutes devant un public qui n'en a pas grand chose à foutre. (et de toute façon, c'était pas terrible).
Encore un peu d'attente, Kelly Osbourne, la fille d'Ozzy est aux platines. Je suis toujours accrochée à ma barrière, je m'occupe en regardant Liam vivre sa vie de Liam au balcon. Brand revient sur scène et annonce Dirty Pretty Thing. Leur set a du mal à démarrer (les verres que Liam balance sur la foule sont à moitié remplis de bière maintenant), le chanteur des Charlatans les rejoint sur scène pour un North country boy qui fait prendre la sauce et le groupe termine sur un Bang bang, you're dead anthologique. Et c'est reparti pour une autre heure d'attente... Brand revient sur scène, il est plus de 22:15, et enfin, il annonce Noel... Gallagher senior débarque accompagné de Gem, guitariste de son état, et d'un des batteurs du dernier album. C'est parti...

Acte III
All I know is you can take me there

Noel nous claque trois vieilles faces b pour se mettre en jambes : "(It's good) to be free", "Talk tonight" et "Fade away". Faces b, vous avez dit faces b? Le truc avec Oasis, c'est que les faces b des débuts sont à la hauteur des singles qu'elles accompagnent. En gros, d'entrée avec ces trois titres, le Chief place la barre très très haut. Le public l'a bien compris et s'époumonnent du début à la fin, ça change de l'ambiance française... Cast no shadow est le premier 'highlight' de la soirée, j'en fais profiter mon cyber-p'tit frère adopté par téléphone. Enchainemet sur le tube de l'été dernier The importance of being idle. L'ambiance est toujours à son comble, de toute façon, c'est simple, toute la salle a chanté sans discontinuer du début à la fin du set...
Temps mort, Nono annonce un invité... Et quel invité : Mr Paul Weller fait son entrée, acclamé par l'assistance... Duos sur Come on/let's go et Thick as thieves du Paulo, Noel s'éclate à mort, nous aussi. Le Modfather salue et quitte la scène. Hop, vite, un p'tit Wonderwall avant que l'ambiance ne retombe. Un tube comme ça, ça conclut généralement un set... Mais non, paf, une chanson magique du répertoire Oasisien : Half the world away... Tout le monde est à genoux, et Noel tient à nous achever avec la plus belle chanson du monde. C'est comme ça qu'on pourrait résumer la soirée, à chaque instant on pensait avoir atteint des sommets, mais non, encore et encore, Noel en rajoute une couche. Après Slide away, merveille des merveilles, la transition s'annonce difficile... Let me take you down 'cause I'm going to strawberry field, nothing is real, nothin to get hung about strawberry field forever.. Reprise inédite des Beatles, OK, il nous a tous tué... Les trois se lèvent à la fin du titre et quittent la scène ovationnés par la salle.
Brand revient, nous annonce le retour de Noel pour le rappel, avant cela un mec qui a fait un don énorme à l'organisation caritative qui organise a obtenu le droit de monter sur scène pour demander sa copine en mariage. Evidemment elle dit oui (pas drôle)... Le rappel démarre par Don't look back in anger, un des hymnes du groupes. C'est la dernière chanson, tout le monde réclame the Masterplan, un nouveau clip vient d'être tourné pour celle-ci, ça paraît tellement évident qu'il nous laisse sur ça... Il se marre, secoue la tête... et entame Married with children! Surprise plutôt bonne ma foi, tout le monde est dedans, le groupe s'arrête même de jouer pour laisser chanter le public... Enfin c'est ce qu'on s'imagine quelques secondes, en fait, ils se sont arrêtés car il n'y a plus de son (il y a eu des problèmes et Noel s'est plaint toute la soirée)... Noel s'énerve, et quitte la scène sous les hurlements... Catastrophe, la soirée ne peut pas se terminer comme ça... Brand revient, essaie de calmer le jeu, nous promet le retour du Chief... Les techniciens arrangent les choses, Married with children est reprise sans problèmes, le set est terminé. Ca embête un peu Noel d'être revenu sur scène pour jouer un seul titre... Alors il improvise un petit Listen up pour terminer la soirée... Cette fois c'est le vrai départ, Brand reprend le micro une dernière fois pour les remerciements habituels, et les lumières se rallument.

Epilogue
Goodbye I'm going home

Il est 23:45, je suis crevée, j'ai froid, je n'ai rien dans le ventre, la fatigue, la pression retombent, mes jambes me portent à peine, je sors de la salle tant bien que mal et titube jusqu'au off-licence en face la salle, j'achète le premier sandwich qui me tombe sous la main, ça va un peu mieux. Je descend dans le métro, je suis la foule, j'entends quelques adjectifs par ci par là : "great", "amazing", "fantastic", "brilliant", tout le monde est unanime. Je repense aux trois autres fois où j'ai vu Oasis sur scène, celui-ci m'a couté le même prix que ces trois autres concerts réunis. Mais il m'a soufflé cent fois plus. Je me souviens de la réaction d'un forumiste après Manchester, qui a refusé de revoir le groupe en France, car il savait que rien ne pourrait égaler ce concert. Et maintenant je comprends...

Thank you for the good times
...
par Sad Song publié dans : Listen up
Samedi 4 novembre 2006
Mercredi, 17:30, je sors du boulot et pars en direction de Covent Garden, objectif : retrouver N. pour aller voir The Sleeping Beauty à la Royal Opera House. J'appréhende un peu, c'est la troisième soirée que je passe avec N., la première était géniale, je sortais tout juste avec E., je commençais à bosser, j'étais pas encore crevée de mes semaines, tout allait bien... La deuxième était sympa aussi, j'avais un peu déblatéré sur E., on s'était bien marrés, bref... Mais voilà, depuis cette dernière fois, y a quelque chose de bizarre... Dans ses sms... Demandes insistantes sur ce qui se passe avec E., proposition de se faire passer pour mon nouveau mec histoire de se débarrasser de lui... Génant, très génant... Parce que ce mec est adorable certes, mais il ne m'attire pas, mais alors pas du tout...

Je le vois arriver de loin... Il s'est bien sapé, il a même mis une cravate absolument horrible... Je suis assez choqué, habillé comme ça il fait bien sa dizaine d'années de plus que moi, il essaie de me prendre dans ses bras pour me dire bonjour, comme d'hab quoi, mais je suis assez distante et le touche à peine... On file manger un morceau avant le début du spectacle, il décide  de me payer mon sandwich... Or, il faut savoir qu'en allant au ciné avec la Russe, qu'il draguait ostensiblement à l'époque, il lui a fait le coup de "Ah tu te prends un coca, tiens j'ai un coupon un acheté/un gratuit, tu peux me prendre le deuxième pour moi?" et l'avait laissé payer... En gros, la galanterie habituellement, c'est pas trop son truc... Il me pose des questions sur E., moi je me renseigne sur la polonaise qu'il draguait, histoire de me rassure, il a arrêté de la voir...  Merde.. Et comme j'ai posé la question, il va croire que je m'intéresse, bien joué... Je regarde la rue à travers la vitrine, je sens ses regards insistants, je ne veux surtout pas le regarder, je me sens plutôt mal... C'est l'heure d'y aller, on remonte vers Covent...

C'est la première fois que je fous les pieds dans un opéra. Enfin non, j'ai visité l'opéra de Lyon, mais bon, c'est une building moderne, la salle ne ressemble pas vraiment à l'idée qu'on se fait d'un opéra classique. Londres c'est tout le contraire : dorures, tentures rouge, sièges en velours rouge... On était placé tout en haut, avec une vue incroyable sur l'amphithéâtre, les loges et la scène : absolument magnifique... (la prochaine fois, j'emmène mon appareil) On s'installe, la salle se remplit peu à peu pour finir pleine à craquer : des jeunes, des vieux, des gens en jeans, des mémés en robe de soirée assorties aux tentures etc.
Le spectacle commence, la musique est belle, les décors sont magnifiques, les jeux de lumière superbes, les costumes sublimes... Je suis fascinée par la facilité des danseurs à enchaîner les mouvements. je suis surtout impressionnée par les hommes : dans leurs collants qui font ressortir les cuisses massives, super musclées qui contrastent énormément avec les chorégraphies effectués avec légèreté. J'ai le regard scotché sur la scène, mais les commentaires de N. du style "moi aussi je peux le faire" m'irritent au plus haut point. Je déteste qu'on me dérange quand je suis concentrée sur quelque chose... Pendant l'entracte, je jette un coup d'oeil au programme, il lit par dessus mon épaule, le bras passé sur mon dossier, je me sens mal, je suis crispée, je m'écarte un peu pour qu'il arrête... Il continue ses questions : "Et sinon t'as quelqu'un en vue maintenant?" Je réponds non, comme je réponds "Ah c'est nul quand il y a trop d'oreillers" quand il se vante d'avoir quatre coussins dans son lit... "Ca veut dire qu'il n'y a aucune chance que tu viennes dans mon lit alors?" J'éclate de rire... Si avec ça, il a pas compris...

C'est l'heure de rentrer, je prends mon métro, il prend son bus, je vais me coucher rapidement, il reste encore deux jours de boulot. Quand j'arrive à la maison, mon ticket pour Carmen est au courrier, ceux du Lac des cygnes devraient arriver sous peu, et il faut commander ceux de Casse-noisettes... Ce serait bien de se faire un concert de rock aussi un de ces quatre, mais Kasabian passent quand je suis en France en décembre, quand à Nono Gallagher, obtenir une des 500 places pour le concert de l'Union Chapel relèverait de l'exploit, quand au gig du 2 Novembre avec the Holloways, et Nono et les Kasabian justement, il est complet et c'est un peu tard pour se préoccuper d'avoir des places... Jet peut-être, ou un autre, je jetterai un oeil au programme demain...

(à suivre)
Mardi 31 octobre 2006
* Demain soir: The Sleeping Beauty avec N., le 8 janvier: Carmen en solo, le 20 février: Swan Lake avec Frenchie... *
* J'ai vu ma Russe une heure hier soir et elle me manque déjà *
* Je m'achèterai bien le coffret de la trilogie du Parrain *
* Qu'est-ce qui m'énerve le plus? La façon solennelle dont Frenchie nous a annoncé que Don et elle était "back together" hier soir, façon "je suis enceinte" ou "on va se marier" ou bien qu'après nous avoir bassiné avec lui pendant des semaines, elle ne se soit pas donner la peine de nous dire qu'ils étaient de nouveau ensemble ou son air suffisant du style "vous voyez, j'avais raison, comme toujours" alors qu'on sait très bien qu'elle l'a eu à l'usure parce que bon, le mec qui n'était pas tombé amoureux en huit mois de couple, vous allez pas me dire que subitement, il a flashé après l'avoir larguée, surtout quand on voit ce qu'il nous a dit à moi et la Russe après leur rupture *
* Je manque de vie sociale, j'ai envie de rencontrer de nouvelles têtes mais je ne sais pas où aller les chercher *
* London calling to the underworld Come out of the cupboard, all you boys and girls
*
* Qui sera le 5000ème visiteur? *
* J'ai économisé plein de sous ce mois-ci mais la facture de gaz et d'électricité va bientôt tomber*
* J'ai pas le droit de porter ma jupe au boulot parce qu'elle est trop courte (mi-cuisse), on a eu un rappel du code vestimentaire hier (tout le monde, pas que moi hein) *
* Je me mets au régime maintenant ou j'attends la fin de l'hiver? *
* Je me suis fait chier à acheter des bonbons mais pas un morveux n'est venu sonner à la porte *
* Th. m'a dit de lui envoyer un SMS pour sortir, mais mon texto ne passe pas... *
* Je suis encore trop contente *
* Keiko m'a envoyé un sms ce matin pour me dire qu'il y avait une guèpe "super grosse et super dangereuse" à l'étage mais que Sakiko avait réussi à l'emprisonner et qu'il fallait juste faire attention en allant aux toilettes. Effectivement, en rentrant ce soir j'ai trouvé ce magnifique piège devant la salle de bain : y a pas à dire, mes colocs sont ingénieuses... Pour info, à l'heure où j'écris, le piège est toujours là... *
Lundi 30 octobre 2006

 
Ben oui, on apprend pas à marcher avec ce genre du chaussures du jour au lendemain ma brave dame!
Vendredi 27 octobre 2006

#89

Deux discussions différentes avec deux mecs différents qui ont plus ou moins alimentés les pages de ce blog à des périodes différentes...

H. c'était au tout début, en mai, entre-mêlé avec mes emmerdes avec les 3 pétasses ie. la Pouffe, l'Allumeuse et la Cruche... Enfin, c'"était"... C'est quand même un sujet récurrent, à donner des articles du style "Putain j'ai trop envie de squatter chez lui à Paris ce week-end"... Discussion MSN hier soir, donc (ça va faire grincer des dents Laflote), le sujet de départ étant sa nouvelle collègue trop waouh "niveau finale ligue des champions" et les différentes techniques de drague à tester... Ca a dérivé comme d'habitude sur "toi, moi, une bouteille de champagne, une boîte de capote", puis sur la soirée au WA avec les trois pouffes...
- "T'avais l'air tout perdu quand je me suis barré"
- "Ben oui je me demandais ce qu'il t'arrivait"
- "Oui c'est vrai qu'en plus je t'ai abandonné aux mains d'une bande de nymphos"
- "En plus... Elles auraient été mignonnes je dis pas, mais là..."
Quoi? L'Allumeuse, sans être méchant, je comprends, elle roule des pelles aux mecs, mais seulement parce qu'elle se jette sur le premier qui lui sourit pour le galocher sans même lui demander son prénom, et la Cruche, il ne touche pas aux nanas maqués, d'autant plus qu'il connait Th., mais la Pouffe? Celle après qui sont tous les mecs? Je lui fais la réflexion...
- "Bah elle, je me la serais bien tirée sauvagement dans ma chambre de 12m² mais voilà, matche de ligue 1 sous la pluie (je kiffe ses métaphores), rien de bien glorieux..."
J'hallucine... Il ajoute :
- "Ben si tu veux, elle a un "air coquin", genre "elle je m'éclaterai bien une soirée avec elle" (j'aime le politiquement correcte pour "elle fait un peu salope") mais sinon, comme petite amie, jamais... Et [l'Allumeuse] , quelle horreur, elle, c'est carrément 10 matchs de suspension!"
J'hallucine toujours, mais il en rajoute une couche :
- "Reste [la Cruche], mais elle le problème..." oui je sais, elle a un mec. "... c'est son look..."
Quoi? On parle bien de la fashion victim? Celle qui s'achète toujours 40 000 fringues et qui se veut à la pointe de la mode?
- "Euh tu sais qu'elle se croit super bien sapée?" J'ai droit à un smiley grimace en réponse...
Je savoure ma victoire sur les trois nanas qui se prennent pour les reines de Londres... Quand je pense à l'image qu'elles ont d'elles-mêmes, et celles qu'elles donnent, à ce décalage, je ris intérieurement... Et mes derniers doutes se sont envolés, j'avais raison sur toute la ligne avec elles, elles sont complètement nases de chez nases de chez nases de chez nases et c'est pas moi qui le dit...
Puis la conversation a dérivé sur lui, son année (ratée) à Londres... Il partait tout heureux avec ses souvenirs -idéalisés- de gosses, il a fini dégoûté de sa ville natale, en partie à cause de ses rêves déçus, surtout à cause de sa dépression post-rupture, quelques phrases qui m'ont touchées, l'impression qu'il se confiait alors que d'habitude la conversation est plutôt à la déconnade, j'ai essayé de lui faire voir les choses sous un angle nouveau, lui dire qu'il n'est pas le seul à avoir traversé des moments difficiles, que ça arrive, que c'est pas grave, qu'il a déjà bien remonté le pente et que bientôt, ce sera totalement fini... Je crois qu'il a apprécié la  conversation, enfin, j'ai eu l'impression de l'aider, et ça m'a fait du bien à moi aussi...

Là c'est la seconde partie de l'article dans laquelle je suis sensée (quelqu'un peut me dire si on écrit censée ou sensée d'ailleurs, parce que je me pose toujours la question) raconter comment j'ai - enfin - largué E. qui comptait s'incruster chez moi ce soir apparemment... Sauf qu'entre le moment où je me suis mise à écrire et maintenant, la conversation avec H. a reprise, que j'en ai encore les larmes aux yeux (euphémisme, en fait, je suis en train de me moucher là) et que E., on s'en fout un peu, il sert à rien.

Donc ce soir je suis venue aux nouvelles : est-ce qu'H. a déjeuné avec sa chère collègue? Est-ce qu'il lui a offert sa mousse au chocolat en gage d'amour? Après une discussion sur les différentes techniques de drague, on a recommencé à déconner: "tu fais ta jalouse mais tu seras toujours dans mon coeur..." je ne sais plus ce que j'ai répondu, une connerie sûrement,  et il a enchaîné "sincèrement, je te l'ai déjà dit, tu es quelqu'un de bien" D'habitude je ne sais jamais s'il déconne ou pas, là j'ai senti que sur cette phrase là, il était sérieux. J'ai pas osé lui renvoyer le compliment, je l'ai juste pensé super fort en espérant qu'il entende et ai répondu "merci". Deuxième blanc.

Et je suis revenue à la charge : "Mais [la Cruche] elle est si mal sapée que ça? Je comprends pas, je trouvais que c'était la moins pire des 3" J'avais besoin qu'il enfonce le clou.. Ce qu'il a fait... Il a traité la Cruche de beauf et l'Allumeuse de thon. Et là j'ai décidé que ce soir, c'était à moi de lâcher un peu ce que j'avais sur le coeur. Je lui ai simplement dit que je m'étais posé beaucoup de questions, qu'elles passaient leur temps à me conseiller sur mon look et mon comportement, que je finissais par croire qu'elles avaient raison et que ce qu'il m'avait dit hier soir m'avait fait énormément plaisir... "Disons qu'elles font trop chaudasses, alors que toi, à côté tu faisais, erm..." Je me suis attendu au pire... "tu faisais fragile..." Putain. Moi qui pensais naïvement qu'il m'avait trouvé fade à côté d'elles, il avait vu clair dès le début... Je lui ai dit que oui, fragile, face à trois nanas qui me faisaient comprendre plus ou moins ouvertement qu'elles, elles avaient tout compris à la vie, y a de quoi avoir la confiance en soi en morceaux. Et j'ai ajouté qu'après cette histoire en mai, je m'étais sentie très très mal... Et j'ai senti que cette fois, quelque part, c'était lui qui était touché... Il est parti se coucher peu après...

Et moi une semaine après, j'en suis toujours au même point. Je crève d'envie de le voir et de le serrer dans mes bras - juste le serrer dans mes bras.
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